De Oratione, m
2. 2»Alcibiade, Diai. de Platon, 1« [série, édlt. Charpentier, p. 378 et 379.
finis 9 tel était l'adage des anciens; et Platon nous apprend que les Grecs et les Barbares avaient coutume d'iaaugurer par la prière la journée qu'ils terminaient par elle, sans négliger ce pieux exercice dans la bonne ni dans la mauvaise fortune*. Tite-Live invoque la divinité au début de son grand ouvrage historique, comme Socrate avant d'expliquer dans le Tintée la formation du monde. Toujours et partout, le sentiment de la dépendance s'est traduit chez les peuples dans cette triple forme de la prière : louange adressée à l'Être souverain, demande de secours proportionnés à nos besoins et hymne de reconnaissance pour les bienfaits reçus. Chose singulière, tandis que les doctrines .du fatalisme auraient dû altérer en eux la confiance dans les effets de la prière, ils n'en persistaient pas moins à admettre ce commerce vivant et actif avec la divinité! Tant il est vrai que les données traditionïielles et les instincts du cœur survivent aux aberrations de l'intelligence! Mais, comme je le disais en commençant, la prière se fait à l'image des croyances qui l'inspirent. En ^'échappant des lèvres du païen, elle ne pouvait qu'exprimer Fégoïsme charnel qui dominait son àme. Pour vous en convaincre, je citerai un échantillon de la piété païenne que j 'emprunte à l'un des poèmes les plus liturgiques de l'antiquité, âu5i Fastes, d'Ovide. A l'époque même où l'Oraison dominicale tombait de la bouche du Christ, les laboureurs du Latium ne trouvaient rieii de mieux à dire à Cérès et à la Terre que de leur adresser la prière suivante :
«• puissantes déessesr, dont les efforts réunis ont chassé l'antique barbarie et proscrit le gland du chêne pour y sub-