‹ Tertullien (volume 3)Chapitre 176 sur 211 · Juvénal, x» Satire, v · texte numérisé non relu

Juvénal, x» Satire, v

efforts de Juvénal pour en découvrir la vraie formule. En résumé, la prière des Grecs et des Romains n'était que l'expression du matérialisme qui fait le fond de leur religion : les biens de l'âme se trouvaient presque toujours exclus de ces demandes qui n'avaient pour objet que les jouissances de la terre: et si, de temps à autre, quelque esprit supérieur venait s'élever contre ces vœux égoïstes et grossiers, il trahissait son ignorance sur ce point capital par le vague et l'inconstance de ses idées, ou bien il proposait des formules que démentaient ses doctrines. Aussi, Messieurs, pour se convaincre de la divinité du christianisme, il suflSt de comparer l'Oraison dominicale, si pure, si haute, si désintéressée, si profondément morale, avec ce que l'antiquité païenne avait produit de moins imparfait dans le but d'exprimer par la prière les sentiments religieux du cœur humain.

Après avoir montré que l'Oraison dominicale réalise l'idéal de la prière comme étant à la fois un abrégé de l'Évangile et l'expression la plus complète des besoins tant spirituels que corporels de l'homme, Tertullien énumère les dispositions qu'il faut apporter à l'accomplissement de cet acte. C'est l'observation des préceptes, dit-il, qui ouvre à la prière le chemin du ciel ^ Un cœur pur, un esprit exempt dé troublée! d'inquiétude, une âme au fond de laquelle régnent la paix et la charité, telles sont les meilleures conditions pour êti>e exaucé. Rien n'est plus éloigné de la pensée de tertullien que d'attribuer à l'action matérielle prise en elle-même une vertu qui dépend surtout de la préparation morale. Ce n'est pas qu'il néglige le côté extérieur de l'oraison: il exige dans celui

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