De Oratione, xi
LA PIllÈRB CHRÉTIENNE. 375
qui prie une attitude modeste, un ton de voix modéré, en un mot, l'absence de toute affectation. Son blâme le plus sévère tombe sur les vaines observ^ances et les pratiques superstitieuses, telles que la coutume de se laver les mains à la façon des Juifs, de quitter le manteau ou de s'asseoir à la fin de la prière comme faisaient les Gentils en présence de leurs idoles*. Tous ces détails répandent de vives lumières sur les rites et les cérémonies de l'Église primitive. Nous voyons par là que l'Oraison dominicale précédait toutes les autres prières; qu'il y avait des jeûnes communs à tous et d'autres laissés à la dévotion de chacun; qu'on permettait quelquefois aux fidèles d'emporter avec eux la sainte Eucharistie^; que les chrétiens avaient coutume de prier à genoux excepté les dimanches en signe de réjouissance et dans l'intervalle qui sépare la Pàque de la Pentecôte; qu'ils s'acquittaient de ce pieux exercice trois fois par jour, à la troisième, à la sixième et à la neuvième heure; qu'ils priaient les mains étendues en forme dé croix, scellant du baiser de paix l'oraison qui se terminait par le mot Alléluia, etc. ^. Il n'est pas d'écrivain ecclésiastique dont les ouvrages fournissent des renseignements plus précieux pour l'archéologie chrétienne. C'est aVeC enthousiasme que TertuUien célèbre en finissant les mer-