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CUITHiUE DL POLYTHÉISME. 83
et un académicien. Ces trois interlocuteurs se combattent entre eux et se réfutent l'un par l'autre. Velleius, qui parle au nom d'Épicure, passe en revue toutes les théories imaginées depuis Thaïes jusqu'à Chrysippe et les détruit successivement, comme le feront plus tard les apologistes chrétiens; et je dois ajouter que ses objections égalent en force celles du prêtre de Garthage*. Les contradictions de Platon, en particulier, sont relevées dans ce discours avec une vigueur et une netteté que les écrivains des premiers siècles de TÉglise n'ont point dépassées. Après avoir discuté les opinions des philosophes, Velleius critique les fables des poètes et les préjugés populaires, en suivant le même ordre que TertuUien. Vient le tour de Gotta, sous le masque de qui Gicéron aime à se cacher. D'abord, l'académicien n'a pas de peine à réfuter les sentiments propres aux disciples d'Épicure; ensuite il fait Une charge à fond sur ^anthropomorphisme des poètes et sur ce qu'il appelle les dieux des ignoi^ants*^ Puis^ quand Balbus, à l'exemple des stoïciens, veut expliquer la mythologie par la physique et réduire les dieux de la fable aux éléments déifiés, Gicéron, toujours cach^ deMère Gotta, lui démonti*ë que ce mode d'interprétation^ qui sert à idëntifiei* Dieu avec le monde, l'emporte en déraison sur les Woyanôes de la multitude^. En parcourant ces pages, on est tent^ quelquefois de se croire en présence d'un écrit d'Athenagorô ou de Tertullien, tant les doctrines païennes offiîaient dé prise à l'attaque. Mais s'il y a de l'analogie entre certaines parties du traité de Gicéron Sur la Nature des dieux et led