‹ Tertullien (volume 3)Chapitre 51 sur 211 · LÀ LIBERTÉ DE CO >SG1ENGE · texte numérisé non relu

LÀ LIBERTÉ DE CO >SG1ENGE

de violence et de tyrannie, car c'est dire que notre religion est interdite, non parce qu'elle doit l'être, mais parce que vous voulez qu'elle le soit. Si vous la prohibez par la raison qu'elle ne saurait être autorisée, c'est apparemment parce que le mal doit être défendu, comme ce qui est bien doit être permis. Si donc je réussis à prouver que la doctrine proscrite par votre loi est un bien, j'aurai démontré que votre loi n'a pu la frapper d'interdit, comme elle en aurait le droit, si c'était un mal*. »

Ces paroles sont fort importantes lorsqu'on veut déterminer au juste dans quel sens et en vertu de quels principes TertuUien revendiquait pour les chrétiens le libre exercice de leur culte. « Vos lois sont injustes, dit-il aux païens, parce que, n'ayant le droit de frapper que ce qui est mal, elles proscrivent la religion chrétienne qui est un bien, comme nous vous le démontrons par des arguments irréfutables. De même, les chrétiens seraient punissables si vos divinités, qu'ils refusent d'adorer, étaient réellement ce que vous pensez ; mais, comme nous vous prouvons que vos dieux sont de purs hommes et que notre Dieu est le seul véritable, vous n'avez pas le droit de nous condamner '. » Vous voyez. Messieurs, que TertuUien se fonde sur la vérité et sur la sainteté du christianisme, pour en demander la libre profession. Il ne dit pas aux païens : Vous êtes obligés à nous tolérer, parce que tout homme a le droit d'enseigner telle doctrine qui lui plaît, fût-elle même fausse ou immorale. C'est précisément le contraire qu'il affirme. Si vos dieux, leur dit-il, étaient en

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