‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 109 sur 223 · De IdoloL, XI · texte numérisé non relu

De IdoloL, XI

2^8 TRAITK DE l'idolâtrie.

conques dont les païens se servaient ensuite pour le culte, ils n'induaient aucunement sur les sentiments religieux de ceux qui les payaient; ils ne se rendaient pas plus coupables d'idolâtrie que des artisans catiioliques ne commettraient le péclié d'hérésie en travaillant à la construction d'un édifice qu'ils savent devoir être affecté au culte protestant. Il ne s'agit, de part et d'autre, que d'un concours purement matériel, lequel n'implique aucune responsabilité quant aux actes qui pourront en être la suite. C'est faute d'avoir distingué ces deux genres de coopération bien difierents l'un de l'autre, que Tertullien s'emporte jusqu'à dire qu'il n'est point d'art, point de profession , point de négoce se rapportant de près ou de loin à la fabrication des idoles, (jui ne soit enveloppé dans la condamnation de l'idolâtrie elle-même ^

Vous concevez. Messieurs, que ces exagérations de l'impétueux écrivain rendaient à ses adversaires la réponse facile. Sans doute, il s'en trouvait parmi eux qui ne ])or talent pas dans l'exercice de ces professions licites par elles-mêmes toute la discrétion que demandent les intérêts de la foi : à défaut de bonnes raisons, l'appât du gain suffisait pour lever leurs scrupules. A mesure que nous avancerons, nous verrons se dessiner davantage ce parti relâché contie lequel TertuUien cherche à réagir avec plus de zèle que de modération. Mais, à côté de ces hommes qui ne s'étaient pas complètement dépouillés de l'esprit du paganisme, il y avait de fervents chrétiens qui ne s'accommodaient pas d'une morale si outrée. La ma-

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