‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 120 sur 223 · De IdoloL, XIX · texte numérisé non relu

De IdoloL, XIX

présente à son tour. — Pourquoi, lui dit aussitôt le tribun, es-tu si différent des autres? — Je ne puis, répondit-il, faire comme eux. Sur ce qu'on lui en demandait la cause : Je suis chrétien, répliqua-t-il. — 0 soldat glorieux dans le Seigneur î On délibère sur ce refus , on instruit l'affaire; l'accusé est traduit devant les préfets. Là, prêt à revêtir un joug plus léger, il dépose son lourd manteau, quitte sa chaussure incommode, pour marcher désormais sur une terre sainte ; il rend cette épée qui n'avait pas été jugée nécessaire à la défense du Seigneur, et laisse tomber la couronne de sa main. Depuis lors, rougi en espérance de son sang, chaussé comme le demande l'Évangile, prenant pour glaive la parole de Dieu, revêtu de toute l'armure dont parle l'apôtre, et sur le point de recevoir la blanche couronne du martyre, plus glorieuse que l'autre, il attend au fond d'un cachot les largesses du Christs »

Tel est le fait qui avait mis en émoi l'Église de Garthage. On blâmait généralement l'acte de ce soldat comme inspiré par un zèle intempestif et outré. A quoi bon cett^ protestation isolée, qui avait F air d'un blâme jeté sur la conduite du reste des soldats chrétiens ? Pourquoi braver ainsi la colère publique et rallumer les persécutions à propos d'une chose indifférente, d'un usage militaire qui n'avait rien de répréhensible ? N'était-ce pas se jeter en désespéré au-devant de la mort, et s'exposer aux supplices de gaieté de cœur sans motif suffisant? Tertullien ne fut pas de cet avis : il trouva la conduite du soldat héroïque,

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