De Corona mil., n
27G I.A CUUUOINNE DU SOLDAT.
et celle de ses compagnons souverainement blâmable. 11 développa ses preuves dans un écrit spécial, plein de verve et d'originalité , mais où la force du raisonnement n'égale pas la hardiesse et la véhémence du langage. On voit dès le début que la colère lui a fait prendre la plume et qu'elle va le pousser à des extrémités où la passion étoufle la logique. Ses adversaires lui disaient : Où est-il écrit qu'on ne doive pas porter de couronne? Ce qui n'est pas prohibé est permis par le fait même. La réponse de TertuUien est curieuse. — Vous me demandez, leur dit-il, où il est écrit qu'on ne doive pas porter de couronne : eh bien, je vous demanderai à mon tour où il est écrit qu'on doit en porter. Si vous arguez du silence de l'Écriture pour soutenir votre opinion, je retournerai l'argument contre vous et je dirai qu'il est défendu de porter une couronne par cela seul que l'Ecriture ne l'ordonne pas. Ce qui n'est pas expressément permis, est prohibé K — Si la mauvaise humeur ne servait pas d'excuse à cette boutade, on ne saurait la qualifier trop sévèrement. C'est chose triste de Voir comment un grand esprit arrive à déraisonner, quand il est dominé par la haine ou le ressentiment. Cet argument est à peu près dans le genre de ceux que faisait Luther, lorsqu'il s'irritait d'une objection à laquelle il ne trouvait pas de réponse satisfaisante. De ce qu'une chose n'est pas ordonnée par l'Écriture sainte, il ne s'ensuit nullement qu'elle soit défendue. Que dirait-on d'un homme qui se mettrait en tête de proscrire l'usage d'un vêtement, par la raison que l'Écriture ne conmiande pas de s'en servir? De pareils raisonnements ne soutiennent pas