DeCorona mil., vu, xii, xiii
28/i LA COURONNE U L' SOLDAT.
n'établit nullement ce point essentiel. Les païens attribuaient bien à Mercure l'invention des lettres : fallait-il pour cela s'abstenir de la littérature , sous peine de commettre un acte d'idolâtrie? Tertullien lui-même est obligé de reconnaître que toutes les substances, en tant que créatures de Dieu, sont pures, et à ce titre d'un usage général, bien que la manière d'en user ne soit pas indifférente. De plus, il n'hésite pas à convenir qu'il est une foule d'objets consacrés par les païens à leurs divinités et dont les chrétiens pouvaient se servir sans le moindre scrupule : autrement la vie serait devenue impossible ^ Or, cette simple réflexion, dont la justesse est évidente, ne suffi sait-elle pas pour enlever à son argument toute valeur? Aussi, pour échapper à une objection qui l'embarrasse, Tertullien se rejette-t-il sur ce que l'usage des couronnes était totalement ignoré dans l'Ancien Testament. « Ni le temple de Dieu, dit-il, ni l'arche d'alliance, ni le tabernacle du témoignage, ni l'autel, ni le chandelier n'ont été couronnés; le peuple juif a toujours ignoré un tel usage, exclusivement païen-. » Singulière inadvertance de la part d'un homme si versé dans la science des Écritures ! Rien n'est moins exact que cette assertion émise avec tant de confiance. Dans le livre de l'Exode il y a plus de dix passages où il est question des couronnes d'or qui surmontaient l'arche d'alliance et l'autel. Une couronne d'or, dit l'Ecclésiastique , entourait la mitre d'Aaron et des grandsprêtres ses successeurs. Isaïe compare la justice à la couronne qui ceint le front des époux. L'usage de porter