‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 133 sur 223 · De Fuga in persecutione, ir · texte numérisé non relu

De Fuga in persecutione, ir

IDÉE DU SVSTKME. 313

iniquité jusqu'à la source de tout bien, ce serait regarder Dieu lui-même comme l'auteur du mal.

Le prêtre de Carthage n'est pas plus heureux dans la suite des raisonnements qu'il imagine pour défendre sa thèse. C'est à tort qu'il reproche un manque de confiance en Dieu à ceux qui, se défiant de leurs propres forces, cherchaient à éviter la persécution, avec le ferme propos de confesser leur foi au moment de l'épreuve. A leurs yeux il y aurait eu présomption à vouloir affronter une lutte qu'il était possible de fuir sans sacrifier aucun principe. Cette manière d'agir pouvait bien n'être pas héroïque, mais, à coup sûr, elle n'était pas criminelle. Dieu n'interdit pas l'emploi de moyens humains dans le but de se soustraire au martyre , pourvu qu'on soit disposé à rendre témoignage au Christ à l'heure marquée. 11 n'y avait qu'un rigorisme excessif qui pût trouver dans ces mesures de prudence chrétienne un commencement d'apostasie *. Quand Tertullien prétend qu'il est impossible d'éviter la persécution lors même qu'on le voudrait, parce que c'est Dieu qui l'envoie, il trahit l'esprit montaniste qui l'anime ^. Si l'on voulait presser cet argument, on en ferait sortir une doctrine qui ressemble fort au fatalisme musulman. Il est vrai que la mort peut nous atteindre en tout lieu ; mais ce n'est pas une raison pour se tenir les bras croisés devant un péril certain. L'activité humaine conserve son libre jeu dans le plan providentiel. Tel événement qui est le résultat de nos déterminations n'arrive point en vertu des prévisions

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