‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 135 sur 223 · S. Matth., X · texte numérisé non relu

S. Matth., X

soustraire à la mort par la fuite; or, clit-il, une telle raison ne subsiste plus depuis que la religion chrétienne est répandue par tout l'univers ^ Interprétation arbitraire, s'il en fut jamais! Les intérêts de la foi pouvaient exiger ces mesures de précaution au m^ siècle comme au i". Aussi Tertullien éprouve -t-il le besoin d'appuyer son commentaire sur l'autorité des nouveaux prophètes. Pour condamner la fuite pendant la persécution, il cite avec une confiance aveugle quelques maximes de Montan qui est pour lui un organe du Paraclet. C'est là-dessus qu'il se fonde comme sur une preuve irréfragable de la vérité de son sentiment. Il y a certainement de la grandeur jusque dans l'exagération de cette fermeté impitoyable, et l'on ne peut qu'admirer avec quel accent de fierté chrétienne le dur Africain exhorte les fidèles à ne pas quitter leur poste au moment du combat :

(( Quelques-uns oublient les exhortations divines, aimant mieux s'appliquer ce vers grec d'une sagesse toute mondaine : « Le soldat qui fuit peut revenir combattre, » pour s'enfuir encore apparemment. Et quand sera-t-il vainqueur celui qui s'avoue vaincu en prenant la fuite ? Quel excellent soldat va fournir au Christ celui qui, armé de toutes pièces par l'apôtre pour le jour de l'épreuve, abandonne son poste aussitôt qu'il entend sonner la trompette de la persécution ! Je répondrai à mon tour par cet adage emprunté à la sagesse du siècle : « Mourir, estce donc si terrible?)) Vainqueur ou vaincu, il faudra mourir. Si vous reniez votre foi au milieu des tourments,

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