Acta Pet'petuœ, ii
UNE SCE.NE DE MARIÏUE EN AHUQUE. DJÔ
fond. « Dans la réponse qu'elle fait à son père, s'écrie le grand évêque, elle observe le précepte qui ordonne d'honorer les parents, et déjoue en même temps les ruses de l'ennemi de son salut. Ne pouvant obéir aux paroles du vieillard, elle lui garde du moins son affection tout entière. Elle respecte les droits de la nature dans celui dont sa foi l'oblige à détester l'erreur; et la douleur qu'elle ressent de voir maltraiter son père ajoute à la gloire de son martyre, sans rien ôter au mérite de son courage ^ » Là est, en effet, la beauté suprême de ce drame. Pendant que la nature y conserve tous ses droits, la foi n'oublie aucun de ses devoirs. Le cœur de Perpétue se déchire à la vue des cheveux blancs de son père, qui vient l'implorer avec larmes. Une chose l'afflige surtout : seul de toute la famille, le vieillard, retenu dans les ténèbres de l'idolâtrie, ne se réjouira pas du martyre de sa fille. Elle cherche à le consoler par les motifs que suggère la religion ; et ce sentiment de piété filiale la suivra jusque devant le tribunal du juge. Perpétue souffre également à l'idée de se voir séparée de son enfant qu'elle redemande encore la veille de son supplice. Mais au-dessus de ces grands sentiments du cœur, il en est un autre qui les domine sans les détruire. Au milieu de ces déchirements de l'âme , la chrétienne triomphe dans la fille et dans la mère. Ni les sollicitations ne l'ébranlent, ni les regrets ne l'amollissent, dès qu'il s'agit de payer à Dieu la dette sacrée de la foi et de la conscience. Alors la grâce prend le pas sur la nature, et l'homme disparaît