Dion Cassius, 1. lxxii, c. iv. -^"'»^^>i
5. .îllii Spartiani Sei'erws, c. xvii. « Juclteos fieri sub gravi prorih vettut;. " ■ Item etiam de Christianis sanxit. » \
rement. Que fallait -il, en elFet, pour rallumer la colère des idolâtres sur un point quelconque du monde romain? Le caprice d'un proconsul s'armant contre les chrétiens d'un édit non révoqué; un soulèvement populaire provoqué par une calamité publique qu'on attribuait aux ennemis des dieux protecteurs de l'empire; le refus des fidèles de prendre part à des fêtes ou à des réjouissances auxquelles venaient se mêler certaines pratiques superstitieuses, etc. Voilà autant de causes ou de prétextes pour se déchaîner contre ceux que l'on regardait comme les ennemis des dieux et de l'État : excitée par les passions du moment, la persécution pouvait sévir dans une partie de l'empire sans s'étendre aux autres. Il ne faut donc pas s'étonner si, même depuis Marc-Aurèle jusqu'à Septime-Sévère, l'Église a compté un grand nombre de martyrs. C'est ainsi que Clément d'Alexandrie, écrivant peu de temps après la mort de Commode, pouvait dire : u Nous voyons tous les jours à quels excès on se porte envers les chrétiens : on les met en croix, on les brûle, on les décapite ^ » Du vivant même de Commode, et malgré la paix dont l'Église jouissait sous ce prince, un proconsul de l'Asie Mineure, Arrius Antoninus, ne craignit pas d'exercer des violences contre les disciples de l'Évangile : il ne recula dans l'exécution de ses projets que devant la masse d'hommes qui se présentaient à son tribunal demandant à partager le sort des accusés ^ L'édit de Trajan restait toujours en vigueur, et il suffisait d'un peu de zèle de la part d'un gouverneur de province