De Patient ia, m
çons de la foi de tels motifs laisse loin derrière lui toutes les raisons que peut suggérer la sagesse humaine. Aussi dix-huit siècles ont- ils montré ce que l'exemple d'un Homme-Dieu a d'énergie pour produire dans les âmes la patience et la résignation : l'héroïque constance des martyrs suffirait à elle seule pour témoigner de cette fécondité merveilleuse. Lisez la Vie des Saints : c'est Jésus -Christ qu'ils se proposent pour modèle, comme c'est en lui qu'ils puisent leur force. Un pareil mobile faisait défaut à la philosophie ancienne. Quand l'auteur du traité de la Colère cherche à détruire le vice qu'il combat, il fait valoir des considérations pleines de justesse et propose des remèdes qui ne sont point dépourvus d'efficacité. Il faut, dit-il, chercher dans une éducation sage et ferme le moyen d'étouffer à sa racine le penchant à l'irascibilité ; choisir pour les enfants des précepteurs et des pédagogues d'un caractère doux; se tenir en garde contre les faux rapports et les soupçons téméraires, d'où naissent les colères injustes; ne pas admettre facilement l'idée qu'on a reçu un affront ; traiter son âme durement et fuir la mollesse , qui rend l'homme irritable ; excuser l'intention de ceux qui nous blessent en nous souvenant de nos propres torts, et demander au temps le meilleur remède pour calmer notre esprits Toute cette hygiène morale, que Sénèque développe au long, suppose une grande connaissance du cœur humain. Il y a même un souffle chrétien qui circule à travers les pages où le contemporain de saint Paul en-