‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 174 sur 223 · Sénèque, de Ira, 1. ii · texte numérisé non relu

Sénèque, de Ira, 1. ii

LA VERTU Cnr, KTlENNf:. 383

seigne, contrairement aux maximes de l'antiquité païenne, que la vengeance est un mot inhumain*. Mais, quelle que soit la sagesse de ces prescriptions , rien ne les élève à la hauteur d'un précepte divin. C'est le terre à terre d'un enseignement honnête qui ne cherche en Dieu ni une autorité ni un modèle, et qui par conséquent s'applique moins à former des vertus réelles que des qualités recommandables aux yeux des hommes. Chez Tertuîlien, au contraire, la grande figure de l' Homme-Dieu, modèle de la patience pour le genre humain , domine l'exhortation morale, qu'elle fortifie par l'autorité du précepte et de l'exemple. C'est l'ordre surnaturel qui vient transformer la moralité humaine, en ajoutant aux raisons que le devoir emprunte à la conscience les motifs supérieurs qu'il puise dans la foi.

J'ai dit. Messieurs, que le moraliste africain dépasse quelquefois l'idée de la vertu qu'il s'efforce d'inculquer à ses lecteurs et celle du vice qu'il veut combattre. Il prend la patience pour synonyme de soumission à la volonté divine, et l'impatience comme équivalente à la révolte contre les prescriptions de la loi. En partant de cette définition, il a raison de dire que tout péché a sa source dans l'impatience, le mal n'étant que Y impatience du bien -. Renoncement aux jouissances de la terre en vue du bonheur céleste, pardon des offenses, modération dans la douleur que nous cause la perte de nos proches, éloignement de toute idée de vengeance, oubli des injures,

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