‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 183 sur 223 · De Oratione, ix · texte numérisé non relu

De Oratione, ix

2. 2« Alcibiade, Dial. de Platon, 1" série, édit. Charnentier, p. 378 et 379.

398 TRAITK DE l'oRAISON DOMINICALE.

dans l'objet de ses demandes. Gomme il lui arrive d'ordinaire, la philosophie ancienne, prompte à saisir le mal, est impuissante à fournir le remède. Je conçois que le spiritualisme de Socrate et de Platon leur ait inspiré des paroles de blâme au sujet des prières usitées de leur temps; et rien n'est plus propre à faire ressortir le caractère divin de l'Oraison dominicale que d'en rapprocher l'expression liturgique du sensualisme païen. Certes, il n'est pas de peuple, civilisé ou sauvage, qui n'ait placé la prière au premier rang de ses devoirs envers la divinité. A Jove principhim, cmnJove finis, tel était l'adage des anciens ; et Platon nous apprend que les Grecs et les Barbares avaient coutume d'inaugurer par la prière la journée qu'ils terminaient par elle, sans négliger ce pieux exercice dans la bonne ni dans la mauvaise fortune ^ Ïite-Live invoque la divinité au début de son grand ouvrage historique, comme Socrate avant d'expliquer dans le Timée la formation du monde. Toujours et partout, le sentiment de la dépendance s'est traduit chez les peuples dans cette triple forme de la prière : louange adressée à l'Etre souverain , demande de secours proportionnés à nos besoins et hymne de reconnaissance pour les bienfaits reçus. Chose singulière , tandis que les doctrines du fatalisme auraient dû altérer en eux la confiance dans les effets de la prière, ils n'en persistaient pas moins à admettre ce commerce vivant et actif avec la divinité. Tant il est vrai que les données traditionnelles et les instincts du cœur survivent aux aberrations de

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