‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 185 sur 223 · Tibulle, l"'" livre des Éléjies, i, v. 2i · texte numérisé non relu

Tibulle, l"'" livre des Éléjies, i, v. 2i

LA PRIÈRE CHRÉTIENNE. /jOl

rialisme : « Que pensez-vous, dit-il à son ami Lollius, que je demande au ciel? De consei'ver ce que j'ai maintenant, moins s'il le faut; de vivre pour moi ce qui me reste de vie, ce que les dieux voudront bien m'en laisser. Bonne provision de livres, du blé pour un an, et cela dans la crainte de flotter éperdu au gré de l'heure décevante. Voilà tout ce que j'attends de Jupiter; qu'il me donne la vie, des richesses, c'est assez. L'égalité d'àme, j'en fais mon aflaire K )) Vous l'entendez, le poëte latin ne demande aux dieux que les biens terrestres; quant à la vertu, il s'en charge, et l'on sait comment. Il ne faudrait pas voir en cela une saillie de gaieté échappée à la verve d'un épicurien en bonne humeur. Cicéron, qui inclinait vers des doctrines plus sévères, ne conçoit pas la prière sous une autre forme : a C'est l'opinion de tous les mortels, dit-il, qu'on doit demander à Dieu la fortune, mais qu'il faut tirer la sagesse de soi-même. Qui jamais a songé à rendre grâces aux dieux de ce qu'il est homme de bien -? » Même dans l'école de Socrate, la plus spiritiialiste de l'antiquité, de pareilles idées prévalaient chez beaucoup d'esprits. Après avoir demandé aux dieux la santé, la force du corps, la considération dans la cité, la bienveillance de la part de ses amis, le salut dans la guerre et l'accroissement de ses richesses, Xénophon n'oublie qu'une chose, le secours divin dont l'homme a besoin pour éviter le mal et })our pratiquer le bien '\ Le sensualisme païen ne

1. « Dct vitam, det opes; œqiuim mî animum ipse paral.o. » (L. i des ÉpUres, I, V. lO-l.)

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