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^02 TRAITÉ DE l'oraison DOMINICALE.
pouvait produire d'autres résultats : il iiiUait, selon le mot de Tertullien et de Socrate, que Dieu lui-même vînt apprendre aux hommes de quelle manière ils doivent le prier.
Sans doute, Messieurs, comme je le faisais observer tout à l'heure, les instincts les plus profonds de l'âme humaine aussi bien t[ae les échos non éteints de la tradition primitive protestaient ici et là contre ce caractère matérialiste de l'acte religieux par excellence. Nous avons vu que Socrate, indigné de ces vœux dans lesquels le sentiment moral n'entrait pour rien, préférait une abstention com})lète à l'usage indiscret d'une pratique qu'il regardait comme injurieuse pour la divinité et nuisible aux hommes. C'est avec raison que Platon, son interprète, trouvait plus belle et plus sûre cette prière d'un ancien poëte : « Puissant Jupiter, donne-nous les biens, soit que nous les demandions, soit que nous ne les demandions pas, et éloigne de nous les maux quand même nous te les demanderions ^ » Encore là n'est-il question que des biens sensibles, et l'hésitation du philosophe touchant l'objet de la demande prouve précisément à quel point la conscience païenne restait enveloppée de ténèbres. Certes, il y a plus d'élévation dans la prière que l'auteur du second Alcihiade attribue aux Lacédémoniens : <( Dieux, donnez-nous l'honnête avec l'utile -. » Si vague que soit cette formule, vous diriez un écho anticipé de la prière chrétienne. Au moins les dons spirituels y occupent-ils la place qui leur revient. 11 en est de même des