Alcihiade, ibid., p
"1. ïà v.a).à s-1 TOÏ; àyaOot:. Ihid., p. 390.
LA PniKRE CHnÉTIENNE. [\^?y
vœux que Sénèque et Juvéual adressent aux dieux. Il est vrai qu'à l'époque où ils écrivaient, l'esprit public se modifiait déjà sous l'influence secrète des idées chrétiennes, du moins dans les rangs supérieurs de la société. Ce qui prouve cette influence que le stoïcien subissait à son insu et malgré lui, c'est que la prière de Sénèque se trouve en pleine contradiction avec ses doctrines. Après avoir enseigné tant de fois que le sage ne puise de force morale qu'en lui-même, il s'oublie jusqu'à demander aux dieux « le bon sens, la santé de l'esprit et celle du corps ^ )) Juvénal n'est ni moins explicite ni plus d'accord avec ses principes. La prière qui termine sa x^ satire, sur les vœux, est certainement ce que l'antiquité païenne nous a transmis de plus remarquable à cet égard. Le poëte vient de montrer par de nombreux exemples que les hommes demandent souvent des maux réels, en croyant solliciter de vrais biens ; puis il se pose cette question, si donc il faut s'abstenir de tout vœu :
« Crois-moi, répond Juvénal, laisse aux dieux le soin d'apprécier ce qui nous convient, ce qui peut nous être utile. Nous demandons ce qui plaît; ils donneront ce qu'il faut : l'homme leur est plus cher qu'il ne l'est à lui-même. Toutefois, afm que tu puisses leur adresser quelque vœu, leur offrir, dans leurs temples, une victime avec les intestins sacrés d'une laie blanche, demande la santé de l'esprit jointe à la santé du corps ; demande une âme forte, exempte des terreurs de la mort, et qui sache la regarder comme un bienfait de la nature ; une âme ca-