De Oratione, xr
Zj06 TRAITÉ DE l'OUAISO.N DOMIMCALE.
façon des Juifs, de quitter le manteau ou de s'asseoir à la fin de la prière comme faisaient les Gentils en présence de leurs idoles ^ Tous ces détails répandent de vives lumières sur les rites et les cérémonies de l'Église primitive. Nous voyons par là que l'Oraison dominicale précédait toutes les autres prières ; qu'il y avait des jeûnes communs à tous et d'autres laissés à la dévotion de chacun; qu'on permettait quelquefois aux fidèles d'emporter avec eux la sainte Eucharistie -; que les chrétiens avaient coutume de prier à genoux excepté les dimanches en signe de réjouissance et dans l'intervalle qui sépare la Pâque de la Pentecôte; qu'ils s'acquittaient de ce pieux exercice trois fois par jour, à la troisième, à la sixième et à la neuvième heure; qu'ils priaient les mains étendues en forme de croix, scellant du baiser de paix l'oraison qui se terminait par le mot Alléluia^ etc. ^ Il n'est pas d'écrivain ecclésiastique dont les ouvrages fournissent des renseignements plus précieux pour l'archéologie chrétienne. C'est avec enthousiasme que Tertullien célèbre en finissant les merveilleux effets d'une prière accomplie avec les dispositions qu'il vient de marquer :
(( Qu'est-ce que Dieu refuserait à la prière faite en
\. De Oratione, xiii, xviii.
2. « Accepte corpore Domini et reservato. » xix. Ce texte prouve évidemment que l'Église primitive croyait à la présence permanente de Jésus- Christ dans TEucharistie ; il suffirait à lui seul pour réfuter l'opinion de Luther qui restreint cette présence au moment de la manducation. En disant d'autre part que le chrétien qui assiste à l'office divin « se lient debout devant l'autel de Dieu et participe au sacrifice, » Tertullien atteste que le sacrifice de l'autel constituait au ii* siècle l'acte liturgique par excellence. « Ad altare Dei, participatio sacrificii. » xix.