‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 198 sur 223 · De Carne Chrisli, v · texte numérisé non relu

De Carne Chrisli, v

3. Malebranche s'y prend d'une autre façon pour démontrer que l'incompréhensibilité des mystères est une raison de les admettre. Il s'appuie sur la croyance qu'ont rencontrée les vérités de la foi, croyance inexplicable dans riiypothèse d'un enseignement mal fondé. « Comment, par exemple, accorder l'unité avec la trinité, une société de trois personnes différentes dans la simplicité parfaite de la nature divine? Cela est incom-

"• l'initia riON CIIRKTIENNÈ. /l25

Mais du reste, ni Tertullien ni Pascal ne prétendent qu'il puisse y avoir une contradiction réelle entre les mystères de la foi et les principes de la raison. Le grand apologiste du xvii^ siècle s'exprime à cet égard avec une netteté qui bannit toute équivoque : (( La foi, écrit-il, dit bien ce que les sens ne disent pas, mais jamais le contraire. Elle est au-dessus et non pas contre ^ » Le théologien de l'Eglise d'Afrique est encore plus explicite sur le caractère rationnel des œuvres divines : a Dieu ne prescrit rien qui ne soit fondé en raison. — Que peut-il y avoir de divin qui ne soit rationnel? — Dieu a voulu que rien ne fût compris ni expliqué que d'accord avec la raison -. » Son sentiment se réduit donc à ceci : les mystères de la foi semblent révolter la raison, et cette contradiction apparente.

préhensible, assurément, mais cela n'est pas incroyable. Cela nous passe, il est vrai; mais un peu de bon sens, et nous le croirons, du moins si nous voulons être de la religion des apôtres : car enfin , supposé qu'ils n'aient point connu cet ineffable mystère, ou qu'ils ne l'aient point enseigné à leurs successeurs, je soutiens qu'il n'est pas possible qu'un sentiment si extraordinaire ait pu trouver dans les esprits cette créance universelle qu'on lui donne dans toute l'Église et parmi tant de diverses nations. Plus cet adorable mystère parait monstrueux, souffrez cette- expression des ennemis de la foi, plus il choque la raison humaine, plus il soulève l'imagination, plus il est obscur, incompréhensible, impénétrable, moins est-il croyable qu'il se soit insinué naturellement dans l'esprit et dans le cœur de tous les catholiques de tant de pays si éloignés. Je le com|)rends, Théodore, jamais les mêmes erreurs ne se répandent universellement partout, principalement ces sortes d'erreurs qui révoltent étrangement l'imagination, qui n'ont rien de sensible, et qui semblent contredire les notions les plus simples et les plus communes. » (XIV* Entretien sur la métaphysique, i.)

Page 1