De Baptismo, iv, v
5. Littéralement : u boivent la vertu sanctifiante, vini sanctificandi combibunt. » Quoi de plus énergique pour faire comprendre que les sucrenieuts opèrent par une vertu propre et intrinsèque?
/|30 Tli.MTK DU BAPTÊME.
qu'elles guérissent et jiurifient l'âme ^ Vous voyez parla combien l'Église primitive était éloignée de l'opinion des protestants, pour qui les sacrements sont de pures cérémonies instituées par Jésus- Christ dans le but de sceller et de confirmer les promesses de la grâce, de soutenir la foi et d'exciter à la piété, ou bien des signes extérieurs qui ne servent qu'à distinguer les fidèles d'avec les infidèles. Non, dit le prêtre de Cartilage, c'est l'eau ellemême qui purifie l'âme, non pas en vertu de ses propriétés naturelles, mais par l'efficacité qu'il plaît à Dieu de lui communiquer. Il va même au-devant d'une objection que l'on dirait empruntée à quelque secte moderne : Si la foi a suffi dans l'Ancien Testament pour le salut, c'est encore elle toute seule qui aujourd'hui produit la justification. « Non, répond le théologien du ii'^ siècle, à partir de la passion et de la résurrection du Seigneur, c'est-à-dire depuis la promulgation de la loi évangélique, la foi ne peut rien sans le baptême. Car la loi du baptême a été imposée, et la forme prescrite. Allez, dit le Seigneur aux apôtres, enseignez les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. A cette loi a été ajoutée la déclaration suivante : Si quelqu'un ne renaît de l'eau et de l'Esprit-Saint, il n'entrera pas dans le royaume des cieux. Par cet arrêt la foi a été astreinte à la nécessité du baptême-. » Ainsi, c'est le sacrement, et non la foi, qu'on
1. « Mediratis aquis — spiritum medcntur — œternam salutein reformant, — delictis inquinainur, aquis abluimiir, etc. » Jamais théologien scolastique ne s'est servi d'expressions plus fortes pour dire que les sacrements produisent la grâce « ex opère operato. »