Ad Ndtiones, 1. i, c. m
2. Ainsi, par exemple, en parlant de l'enlèvement des Sabines, il dira que Romulus mérite en effet d'être appelé le dieu Quirinus, puisqu'il perça de sa lance (quiris) la poitrine de leurs pères. Ad Nationes, 1. ir, c. IX. Quirinus est, quia tune parentibus quiritatum est per illum.
jusqu'à ce qu'il ait résumé sa pensée sous une forme qui l'exprime tout entière. C'est à sa phrase surtout qu'on peut appliquer le mot : non scripta , sed sculpta. De là ce style lapidaire qui lui est propre, ces formules énergiques et concises dans lesquelles il se plaît à ramasser une doctrine ou un raisonnement. Le discours même que nous étudions, bien qu'il ne compte point parmi ses meilleures productions , renferme également plusieurs de ces maximes courtes et substantielles qui se gravent dans la mémoire et qui font de ses écrits un véritable répertoire de sentences où les orateurs chrétiens ont puisé depuis des siècles. C'est ainsi qu'il peint en quelques mots ce peuple romain toujours occupé à se venger par la satire des maîtres qu'il s'est donnés : « peuple dont l'épée est soumise, dont la langue est toujours en révolte ^ )) Veut-il exprimer la séduction que le sophisme a coutume d'exercer sur l'esprit humain? « L'homme, dirat-il, est ainsi fait, que celui qui a le mieux parlé passe pour avoir dit la vérité , et non pas celui qui a dit la vérité pour avoir le mieux parlé -. » Veut-il flétrir d'un trait l'apothéose des empereurs païens ? « Vous souillez le ciel, s'écrie -t-il, quand vous en faites le cimetière de vos rois ^ ! » Quelle peinture du cœur humain dans cette phrase : « Plus vous êtes enclins à faire le mal, plus vous êtes disposés à le croire, et l'on ajoute foi plus volontiers au mal lorsqu'il est faux, qu'au bien lorsqu'il est vrai!^ »