I. Ad Xationes, 1. 1, c. iv
tôt, parce qu'on n'est pas telle ou telle chose on en porte vainement le nom. Par là, on trompe ceux qui attribuent la chose au nom, tandis que c'est le nom qui doit être jugé sur la chose. Toutefois, les hommes de cette espèce ne sont plus des nôtres ; ils ne fréquentent plus nos assemblées, et ne prient plus avec nous ; ils sont rentrés dans vos rangs par leurs vices : ils vous appartiennent ^. »
Voilà, Messieurs, une réponse péremptoire, qui atteint bon nombre de gens par-dessus les païens auxquels Tertullien l'adressait. Car aujourd'hui comme alors, nous ne manquons pas de ces rigides censeurs, toujours prêts à s'armer contre l'Église des défauts ou des vices de quelques-uns de ses membres. Un scandale éclate-t-il quelque part dans les rangs du sacerdoce, ou parmi ceux qui font profession de pratiquer leur foi, les voilà aussitôt, ces grands défenseurs de la morale outragée, qui s'indignent, qui fulminent, qui tonnent. Pden n'égale les alarmes pudiques de leur vertu effarouchée. Dans l'ardeur du pieux zèle qui les transporte, c'est à une corporation entière, c'est à l'Église elle-même qu'ils s'en prennent de quelque faute isolée. Ils n'oublient qu'une chose au milieu de ce beau feu qui les embrase, la grande parole évangélique qui rappelle au sentiment de l'indulgence quiconque pourrait en avoir besoin pour soimême : (( Que celui d'entre vous qui est sans péché, lui jette la première pierre. — Hypocrites, qui signalez la paille dans l'œil de votre frère et qui ne voyez pas la poutre dans le vôtre!... » Mais, à défaut de l'autorité du