Herodianus, Hist.^ 1. vu, r. vi
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l'architecture romaine se retrouvaient dans son sein. Cartilage rivalisait avec la capitale de Fempire par la richesse de ses temples, par l'immensité de ses portiques, de ses cirques, de ses amphithéâtres et de ses thermes. Bref, l'Afrique était devenue comme le prolongement de l'Italie, à tel point que le sénat avait coutume de les comprendre l'une et l'autre dans le territoire interdit à ceux qu'il envoyait en exil ^
Déjà, Messieurs, il vous est facile de concevoir que l'état religieux et moral de l'Afrique ait dû se ressentir profondément de cette imitation servile des mœurs romaines. Autre était, à la vérité, le genre de vie des populations qui habitaient l'intérieur du pays, autre le caractère de celles qui occupaient le littoral de la Méditerranée. Point de culture intellectuelle, nulle trace de civilisation, des habitudes de brigandage et de meurtre, voilà ce qu'on remarquait chez ces tribus nomades que l'épée de Rome avait poursuivies jusque dans les gorges de l'Atlas; chez ces hordes de barbares qui, sous la conduite de Jugurtha, avaient fatigué si longtemps les généraux de la république, et qui, soulevées par Tacfarinas, venaient encore une fois de quitter leurs villes de boue et de paille, pour entreprendre, sous Tibère, une lutte indigne d'avoir eu pour historien Tacite -. Ce n'est pas au milieu d'elles que notre sujet va nous conduire. Tout ce qu'il y avait en Afrique d'élégance et de politesse était répandu le long de la mer dans ces colonies ou municipes romains formés à l'image de la mère patrie. Là, on retrouvait avec le luxe de la civili-
1. Tacite, Ann., 1. ii, c. l. — Pline le Jeune, 1. ii, p. 11.