‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 47 sur 223 · Arnobe, adv. Gentes, m · texte numérisé non relu

Arnobe, adv. Gentes, m

précisément par la réfu talion d'un sentiment qu'avait soutenu le spirituel académicien dans le traité dont je viens de parler. Il y avait deux hommes chez Cicéron, le philosophe et le pontife ou l'homme d'État. Tandis que le libre penseur saccage à plaisir tout l'ensemble du polythéisme, l'ancien consul, membre du collège des augures, déclare prudemment que dans la pratique il s'en tient au culte des ancêtres ; et dans ce même livre où il veut prouver qu'il n'y a rien de certain en fait de religion, il attribue la grandeur de Rome au respect qu'elle a toujours professé pour ses dieux ^ Bref, la raison d'État lui fait admettre comme utile ce qu'il déclare absurde au nom de la raison philosophique. Ce rôle, qui malheureusement n'a trouvé depuis lors que trop d'imitateurs, cache au fond une hypocrisie indigne d'un caractère loyal. Eh bien ! le sentiment de Cicéron sur cette cause présumée de la prospérité romaine renfermait la plus grave objection que le christianisme ait eu à réfuter pendant toute la durée de l'empire. Au v*" siècle encore, nous voyons saint Augustin préoccupé de l'effet que produisait sur les esprits cette opinion répandue dans le public : le saint docteur s'attache à montrer que Rome n'était nullement redevable à l'idolâtrie de sa grandeur passée. Tertullien précède dans cette voie l'auteur de la Cité de Dieu : il distingue avec soin la religion primitive des Romains qui, en raison de sa simplicité, était moins éloignée de la vraie doctrine, et les superstitions postérieures qui sont venues étouffer le sentiment religieux, plutôt

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