I. Apoloij., \\x
13Zi l'apologktioue.
sentation vivante de la Divinité, mais il se refuse à voir en lui un dieu. Assurément, il peut sembler étrange qu'à une époque quelconque de l'histoire on ait eu besoin de prouver qu'un simple mortel ne saurait prétendre à un caractère absolument incommunicable : le bon sens le plus vulgaire aurait du suffire pour défendre les peuples contre une telle surprise. Mais il n'est que trop vrai, l'ivresse d'un pouvoir sans limites a fait éclore dans le cerveau de quelques hommes ces rêves insensés qui nous paraissent tenir de l'hallucination mentale. Tertullien a sans doute raison de dire qu'Auguste avait refusé le titre de Seigneur, comme Suétone le rapporte; mais tout le monde sait qu'Auguste se souciait fort peu des noms, pourvu qu'il possédât la chose elle-même. iN'avait-il pas permis qu'on l'adorât dans les provinces et qu'on achevât, en l'honneur de son génie, le temple commencé à Athènes en l'honneur de Jupiter Olympien?^ Quant à ses successeurs, ils poussèrent jusqu'au délire la manie de l'apothéose. Du reste, il faut bien le dire, dans ces débauches de l'orgueil humain une large part revient à ceux qui s'en étaient faits les complices. Poètes et littérateurs, tous avaient encensé l'idole et fait prendre le vertige à ces têtes trop faibles pour résister à une adulation perpétuelle. Je ne mentionnerai pas Horace, ce parasite de génie, qui du moins voilait encore sous un nuage de poésie mythologique ce qu'avait de révoltant l'apothéose d'Auguste-. Mais, comme contraste à ce langage si ferme et