‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 74 sur 223 · Allusion au meurtre de Commode · texte numérisé non relu

Allusion au meurtre de Commode

\5li l'apologétique.

armée, plus audacieux que les Sigérius et les Parthénius^ ? D'où ils venaient? Ils étaient Romains, si je ne me trompe, et non chrétiens. Tous, lorsque déjà couvait leur rébellion prête à éclater, sacrifiaient pour le salut de l'empereur, juraient par son génie, simulaient plus ou moins la fidélité, et surtout ne manquaient jamais d'appeler les chrétiens des ennemis publics. Les complices ou les partisans des dernières factions qu'on découvre tous les jours, misérables restes échappés à la moisson de leurs chefs parricides, n'ornaient-ils pas leurs portes de guirlandes? Y en avait-il d'assez fraîches, d'assez touffues pour eux? Quels vestibules brillaient avec plus d'éclat sous le feu des illuminations? Ne couvraient-ils pas le forum de lits splendides? Était-ce pour prendre leur part de la joie générale? Loin d'eux ce dessein! Ils murmuraient des vœux coupables à l'ombre d'une solennité étrangère ; et , substituant un nouveau prince à celui dont ils tramaient la perte , ils consacraient au fond de leur cœur l'image de leurs espérances ^ »

TertuUien conclut de ces faits, dont personne ne pouvait révoquer en doute l'authenticité, que les démonstrations extérieures ne sont pas toujours une marque de fidélité, et que les chrétiens, tout en refusant de prendre part à des divertissements qui répugnaient à leur conscience, offraient au pouvoir une garantie de dévouement bien autrement sûre. C'était là, en effet, une réplique victorieuse ; et l'attitude des chrétiens au milieu des fac-

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