‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 77 sur 223 · Cypr., ad Demctrianum · texte numérisé non relu

Cypr., ad Demctrianum

persécution pour flatter le peuple romain ^ » Ce n'est donc pas en raison de leur 'petit nombre que les chrétiens s'abstenaient de toute rébellion, mais parce qu'ils se croyaient tenus d'obéir aux pouvoirs établis en tout ce qui ne répugne pas à la conscience. Du reste , les apologistes se seraient rendus coupables d'une hypocrisie manifeste, si, tout en protestant de leur inviolable fidélité, ils avaient sous-entendu que cette feinte soumission cesserait du moment qu'ils se sentiraient les plus forts. C'est ce que Bossuet établissait avec une vigueur et une ironie qui rappellent exactement la manière de Tertullien :

« La glose de Buchanan n'est pas moins impie ni moins absurde que l'autre; et pour en entendre l'absurdité, il ne faut qu'ajouter à l'apologie des chrétiens, qui se glorifiaient de leur inviolable fidélité, ce que Buchanan et M. Jurieu veulent qu'ils aient eu dans le cœur. Il est vrai, sacrés empereurs, vous n'avez rien à craindre de nous, tant que nous serons dans l'impuissance; mais si nos forces augmentent assez pour vous résister par les armes, ne croyez pas que nous nous laissions ainsi égorger. Nous voulons bien ressembler à des brebis, nous contenter de bêler comme elles, et nous couvrir de leur peau pendant que nous serons faibles ; mais quand les dents et les ongles nous seront venus comme à de jeunes lions, et que nous aurons appris à faire des veuves et à désoler les campagnes, nous saurons bien nous faire sentir, et on ne nous attaquera pas impunément. Avoir de tels sentiments, n'est-ce pas, sous un beau semblant d'obéissance et de

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