De Testimonio animœ, lu
17/i TRAITÉ DU TÉMOIGNAGE DE l'aME.
aflaire à Dieu ; Dieu me le rendra ; que Dieu décide entre nous ! )) Il n'hésite même pas à tirer de ce langage usuel des conclusions encore plus larges. Quand, pour exprimer d'un seul mot toute l'iiorreur qui les saisit, les païens appellent démon un homme souillé de crimes, ne reconnaissent -ils point par là l'existence des anges rebelles? N'est-ce pas affirmer la survivance de l'âme au corps et même la résurrection future que de charger la mémoire des morts de malédictions ou de leur souhaiter la paix et le bonheur? Ce désir inné à l'homme de prolonger son souvenir dans l'esprit de ses semblables ne prouve -t- il pas que l'âme aspire invinciblement à une vie sans fin? Et qu'on ne dise pas que l'enseignement des écoles a répandu parmi la multitude ces opinions erronées , ou introduit ces locutions vicieuses fortifiées par le temps et par l'habitude. Non , tout cela est le jet naturel de la pensée, la traduction du sens populaire, en dehors de toute culture scientifique. L'âme s'exprimait ainsi avant l'éclosion des littératures humaines ; la parole a précédé les livres, le sentiment est antérieur à l'élocution , et l'homme a devancé le philosophe ou le poëte^ Tertullien est admirable lorsque, pour mettre en relief ce qu'il y a d'instinctif et de spontané dans ces manifestations de l'âme , il la dépouille de ce qu'elle a reçu du dehors pour la montrer toute nue dans la richesse de sa simplicité originelle :
(( Ces témoignages de l'âme, s'écrie-t-il, sont d'autant plus simples qu'ils sont plus vrais, d'autant plus popu-