De lestimonio animœ^ ii-v
laires qu'ils sont plus simples, d'autant plus communs qu'ils sont plus populaires, d'autant plus naturels qu'ils sont plus communs, d'autant plus divins qu'ils sont plus naturels. De tels arguments, j'imagine, ne paraîtront ni puérils ni frivoles, pour peu que l'on réfléchisse à la majesté de la nature , d'où l'âme emprunte son autorité. Plus on attribue à la maîtresse, plus on accorde à l'élève. La nature donne la leçon, l'âme la répète. Tout ce que la première enseigne, tout ce que la seconde apprend, émane de Dieu, c'est-à-dire du maître de la maîtresse elle-même. Qu'est-ce que l'âme peut se flatter de savoir sur cet instituteur souverain? A toi de l'apprécier, en consultant celle qui est en toi. Interroge celle qui te rend capable de sentir : tu la trouveras tantôt prophétesse de l'avenir, tantôt riche de pressentiments, toujours pleine de prévoyance. Faut-il s'étonner que, venant de Dieu, elle ait le don de la divination? Il faudrait s'étonner également qu'elle connût Celui qui l'a formée. Même depuis qu'elle a été circonvenue par son adversaire, elle se souvient toujours de son Créateur, dont elle se rappelle la bonté ainsi que les préceptes; elle n'a pas oublié sa propre destinée non plus que celle de son ennemi. Quelle merveille , après cela, que cette fille de Dieu chante les mystères dont Dieu a donné la connaissance à ses enfants ^ ? )>
Certes, Messieurs, vous n'accuserez pas Tertullien d'avoir méconnu la puissance naturelle de la raison. L'homme qui attribuait à l'âme la faculté de s'élever jusqu'à Dieu par un mouvement instinctif et spontané, ne mérite pas le reproche d'avoir absorbé la raison dans la foi. A dire vrai,