‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 93 sur 223 · De Spectac, v-viii · texte numérisé non relu

De Spectac, v-viii

20Zj LE THEATRE PAÏEN.

d'une objection qu'il tient à détruire. Quoi donc! Parce qu'un lieu est destiné à des fins répréhensibles, s'ensuit-il qu'on pèche en le visitant? La réponse de Tertullien est pleine de sens et de modération :

(( Puisque nous en sommes sur la question des lieux, prévenons ici une demande. Quoi donc ! me direz-vous, si je visitais le cirque hors du temps des spectacles, courrais-je le risque de m'y souiller? — Les lieux ne sont point interdits comme tels. Un serviteur de Dieu peut aller sans péril non-seulement aux endroits où l'on s'assemble pour ces représentations, mais encore aux temples païens, pourvu qu'il ait une raison légitime, indépendante du caractère ou de la destination de ce lieu. D'ailleurs, les rues, les places publiques, les bains, ks hôtelleries, nos maisons même, ne sont- elles pas peuplées d'idoles? Satan et ses anges ont rempli le monde. Et cependant, il ne suffit pas de vivre dans le monde, pour être par cela seul séparé de Dieu; on s'éloigne de lui en participant aux crimes du monde. Pontife, ou simple adorateur, je monte au Gapitole, ou bien au temple du dieu Sérapis : c'est alors que je renie Dieu, de même que si je vais au cirque ou au théâtre pour en contempler les spectacles. Ce ne sont pas les lieux qui nous souillent par eux-mêmes, mais ce qui s'y passe, ce qui en fait un foyer de vices; caria corruption communique la corruption. C'est pourquoi nous rappelons à quelles divinités ces lieux sont consacrés, afin de mieux établir que tout ce qu'on y fait se rapporte spécialement à ceux dont ils sont le domaine ^ »

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