‹ TertullienChapitre 10 sur 237 · De Pœnit., vu · texte numérisé non relu

De Pœnit., vu

14 TKAITK l)K LA PÉNITENCE.

à cette proposition, que nous avions déjà trouvée dans le Pasteur d Hermasi. Il nous saflfira, pour le moment, de rappeler que 1 Église primitive n'admettait pas deux fois à la pénitence certaines catégories de pécheurs. Ce qu'il y a de certain, c'est que Tertuîlien reconnaît l'existence d'une institution divine spécialement destinée à réconcilier avec Dieu le fidèle qui a perdu l'innocence ou la grâce baptismale. A de nouvelles blessures, s'écrie-t-il, conviennent de nouveaux remèdes ; el comme s'il avait voulu détruire à l'avance les arguments qu'il opposera plus tard à l'efficacité de la pénitence, il déclare que nul péché n'est assez grand pour échapper au pardon, même Pidolàtrie et Timpudicité, qu'il essayera un jour de soustraire au pouvoir des clefs ^. C'est dans ce sens qu'il interprète les paraboles évangéliques de la drachme perdue, de la brebis égarée et de Tenfant prodigue, ces mêmes paraboles au sujet desquelles l'auteur du livre de la Pudicité fera les plus violents efforts pour montrer qu'elles s'appliquent uniquement à la conversion des païens, et non pas à la réconciliation des fidèles. L'influence des visionnaires de la Phrygie et la chaleur d'une controverse irritante n'ont pas encore troublé son esprit, naturellement si droit et si judicieux. Devant ces pages de l'Évangile où le Sauveur dépeint la miséricorde divine sous les traits les plus touchants, cette nature sévère se déride, s'épanouit, s'épanche; elle trouve à son tour les accents d'une tendresse compatissante, et alors il lui échappe ces paroles qui rappellent

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