‹ TertullienChapitre 9 sur 237 · De Pœnit.. vi · texte numérisé non relu

De Pœnit.. vi

\i I l(.\l I I, 1)1. I.A l'KMÏENCK.

" Il me r(''jnij;iit'. dil-il, di- nifiitioinier ici la seconde, ou, pour mieux dire, la dernière espérance, de peur qu'en trailaiit de cette ressource du repentir, je ne paraisse ouvrir une carrière au péché. A Dieu ne plaise que Ton interprète assez mal ma pensée pour s'imaj;iner (jue la facidté de se repentir soit la l'acuité- de pécher encore, et que la siuahondance de la miséricorde céleste donne ouverture à l'insolence de la témérih' liiimaiiie! \'\\\>\ (|iie j)ersonue ne s'avise d'être plus criminel, parce <]ue Dieu est plus clément, ni ne redevienne pé'chem- autant de fois qu'il a reçu le pardon. Apparemment (pi il pourra toujours échapper à Dieu, celui qui ne cessera jamais de péch"r ! Xous avons échappé une fois : p^ardonsnous bien de nous jeter à l'avenir dans le péril, sons prétexte que nous échapperons de nouveau. Voyez la plupart de ceux <pii ont été délivrés du naufrage : ils font divorce avec la mer et le navire, et honorent le bienfait de Dieu, je veux dire pur salut, par la mémoire du péril. Je loue leur crainte, jaime leur détiance : ils ne veulent plus être à charge à la miséricorde divine, ils ont peur de paraître importuns en redemandant ce qu'ils oj)l déjà obtenu, et, dociles aux leçons de l'expérience, ils évitent d'affronter ce qu'ils ont appris à craindre. Cette crainte,. \h l'attestent en modérant leur témérité. Or. craindre pour I homme, c est honorer Dieu \ >>

Ainsi l'homme ne doit pas s'autoriser de la clémence divine |)Our rentrer dans la voie du péché, que le baptême a fermée devant lui. Si cependant la fragilité de sa nature et les artifices de l'esprit du mal rentraînent derechef dans les sentiers du vice, ne lui reste-t-il plus aucun moyen de revenir sur ses

t. De Pœnit.. vu.

LA UlîHABILlTATIOiN CHRÉTIENNK. Vi

|tas pour se réconcilier avec Dieu '? Voici la réponse de Ter-

tullien :

« L'ennemi du genre humain ne fait jamais trêve à sa

malice. Que dis-je? il redouble de fureur quand il voit

l'homme échapper à ses liens : plus nos passions s'éteignent, plus sa haine s'enflamme. Il fout bien qu'il s'afflige et qu'il gémisse de voir que, par le pardon accordé aux péchés, tant d'œuvres de mort sont détruites dans l'homme, et tant de titres de condamnation annulés. Il s'afflige à la pensée que ce pécheur, devenu le serviteur du Christ, le jugera, lui et ses anges. C'est pourquoi il l'épie, il l'attaque, il l'obsède : il essaye, par tous les moyens possibles, tantôt de frapper ses regards par la concupiscence de la chair, tantôt d'attirer sou àme dans le filet des séductions du monde; ici, de détruire sa foi par la crainte d'une puissance terrestre, là, de le détourner du droit chemin par des doctrines perverses : scandales, tentations, rien n'y manque. Dieu donc, prévoyant que le démon répandrait ces poisons, après avoir fermé, il est vrai, la porte du pardon en ôtant à l'homme la ressource d'un nouveau baptême, lui a laissé néanmoins quelque ouverture pour le faire sortir de son état. Il a placé dans le vestibule la seconde pénitence, afin qu'elle s'ouvre à ceux qui frappent, mais pour une fois seulement, parce que c'est déjà la seconde ; jamais davantage, parce que la précédente a été vaine. Peux-tu dire, en eiïet, qu'une fois ne suffise pas? Tu possèdes plus que tu ne mérites, puisque tu as perdu ce que tu avais reçu \ »

Ne nous arrêtons pas à ces derniers mots, qui semblent exclure la possibilité de faire pénitence plus d'une fois après le baptême ; nous verrons plus tard (fuel sens il faut attacher

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