‹ TertullienChapitre 11 sur 237 · Voyez les Pères apostoliques et leur époque, leçon XIII · texte numérisé non relu

Voyez les Pères apostoliques et leur époque, leçon XIII

2. De Pœnit., viii. Pour prouver sa thèse, Tertuîlien s'appuie avec raison sur les passages de l'Apocalypse où l'Esprit-Saint exhorte les Églises de Thyatire et de Sardes à effacer par la pénitence des péchés de ce genre. « Dieu, ajoute-t-il avec beaucoup de sens, ne menacerait pas l'impénitent, s'il était impossible au pénitent d'obtenir le pardon. »

la! réhabilitation chrétienne. 15

les morceaux les plus pathétiques de saint Ambroise et de saint Augustin :

« De quel père s'agit-il dans le récit évangélique? De Dieu, Personne n'est père comme lui, nul n'est aussi miséricor' dieux. Tu es son fils : tu as beau avoir dissipé ce que tu avais reçu de lui, tu as beau revenir pauvre et nu, il te recevra par là même que tu es revenu à lui. Que dis-je? Ton retour lui donnera plus de joie que la fidélité des autres; mais à quelle condition? Si tu te repens du fond de l'àme; si tu compares ta faim à l'abondance des serviteurs de ton père ; si tu abandonnes les pourceaux, troupe immonde; si tu retournes vers ton père, quelque courroucé qu'il soit, en lui disant: Mon père, j'ai péché, je ne suis plus digne d'être appelé votre fils. Autant on se soulage en confessant ses fautes, autant on les aggrave en les dissimulant. La confession est un commencement de satisfaction : la dissimulation, un prolongement de la révolte^ »

En s'exprimant avec cette énergie pleine de sensibilité, Tertullien s'inspirait du plus pur esprit de l'Évangile : le tableau qu'il trace de la bonté divine n'est pas moins réel que la puissance attribuée au repentir vrai et sincère. Mais quoi ! la contrition du cœur suffit-elle pour obtenir le pardon ? L'aveu des fautes doit-il être fait à Dieu seul, et se renfermer dans le secret de la conscience, sans qu'un acte quelconque le manifeste au dehors? Cette confession silencieuse dispense-t-elle de toute œuvre satisfactoire? Un disciple de Luther et de Calvin n'eût pas hésité à se prononcer pour l'affirmative; mais l'Église des premiers siècles ne soupçonnait pas ces découvertes de la prétendue Réforme. A ses

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