‹ TertullienChapitre 101 sur 237 · De Prœscripi., xxix, xxx, xxxi · texte numérisé non relu

De Prœscripi., xxix, xxx, xxxi

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tradition apostolique, nous pouvons leur répondre : Faitesnous donc voir l'origine de vos Églises, déroulez devant lions l'ordre et la succession de vos évèques dès le principe, en sorte que vous remontiez jusqu'aux apôtres ou jusqu'il l'un de ces hommes apostoliques qui ont persévéré dans la communion des apôtres ; car c'est par là que les Églises vraiment apostoliques prouvent qu'elles le sont. Ainsi l'Église de Smyrne montre Polycarpe queJean lui a donné pour évêque; et l'Église de Rome, Clément, ordonné par Pierre. Toutes les autres nous indiquent de même ceux quelesapôtresont établis leurs évêques, et par le canal de qui elles ont reçu la semence apostolique. Que les hérétiques imaginent quelque chose de sembla])le. Après tant de blasphèmes, tout leur est permis : mais, quoi qu'ils inventent, ils n'y gagneront rien. Car leurs doctrines, rapprochées de celle des apôtres, prouvent assez, par leur diversité et par leur opposition, qu'elles n'ont pour auteur ni un apôtre ni un homme apostolique. En effet, les apôtres n'ont pu être opposés les uns aux autres dans leur enseignement; les hommes apostoliques n'ont pu l'être aux apôtres, si vous exceptez ceux qui firent défection. Oui, (jue les hérétiques montrent la conformité de leur doctrine apostolique: c'est le défi que leur portent ces Églises trop récentes pour avoir pu être fondées par les apôtres ou par leurs successeurs immédiats, et que nous voyons s'établir tous les jours ; car, professant la même foi, elles n'en sont pas moins regardées comme apostoliques, à cause de la consanguinité des doctrines. Toutes les hérésies sont donc sommées par nos Églises de prouver, par leur doctrine ou par leur origine, qu'elles sont apostoliques. Mais elles ne sauraient prouver ce qui n'est point, La différence de leur doctrine démontre, au contraire, qu'elles ne sont rieij moins qu'apostoliques ; c'est pourquoi

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aucune Ét4ise apostolique ne les admet à la paix ni à la conh inunion '. »

Vous concevez facilement, Messieurs, dans quel embarras un pareil déli jetait les sectaires. Renoncer à toute succession apostolique, c'était se placer en dehors du christianisme, et, d"autre part, comment prétendre à une descendance de ce genre avec quelque apparence de fondement ? Mais Torgueil humain ne se trouve jamais court, quand il s'agit de mettre les paradoxes de l'esprit au service des aberrations du cœur. Obligés, pour le besoin de leur cause, de se créer une succession quelconque, les hérétiques du deuxième sièckcherchaient à remonter, de secte en secte, jusqu'au temps des apôtres, afiTi de dissimuler par cet artifice la date récente de leur apparition. C'est sur ce terrain que les attendait l'impitoyable logicien. Oui, leur dit-il, nous vous l'accordons sans peine, vous avez une filiation qui vous est propre, vous avez des précurseurs et des ancêtres ; vous remontez, en eftet, aux sectes condamnées par eux : voilà votre véritable origine. Là-dessus il passe en revue les doctrines des sectaires, et démontre, article par article, que saint Paul, saint Jean et saint Pierre les avaient déjà couvertes d'anathèmes, plus d'un siècle auparavant, dans la personne des premiers hérétiques. Puis, résumant ce travail de comparaison, il en* ferme ses adversaires dans un dilemme qui ne leur laisse pas d'issue. Ou les hérésies sont, de leur propre aveu, postérieures aux temps apostoliques, et alors leur nouveauté seule fait déjà leur condamnation ; ou bien elles descendent des sectes primitives, et, dans ce cas, elle tombent sous la réprobation dont les apôtres avaient frappé celles-ci ^. Si donc les héré-

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