LARGLME.NT DE PRESCRIPTION
Lettres chrétiennes. Qui êtes-vous, peut leur dire l'Église ? depuis quand et d'oii êtes-vous venus? que faites-vous chez moi, n'rtant pas des miens? De quel droit, Marcion, coupezvous ma Ibrèl ? qui vous a permis, Valentin, de détourner mes canaux? qui vous aulorisf, Apelle, à ébranler mes bornes? et vous autres, comment osez-vous ensemencer ici et paître à discrétion? c'est mon bien. Je suis en possession depuis longtemps ; j'ai des origines certaines, un titre provenant des premiers possesseurs. Je suis l'héritière des apôtres; et je jouis conformément aux dispositions de leur testament, aux charges du fidéi-commis, au serment que j'ai prêté : pour vous, ils vous ont renonces et déshérités comme étrangers et comme ennemis. Mais pourquoi les hérétiques sont-ils des étrangers et des ennemis pour les apôtres ? parce que la doctrine que chacun d'eux a inventée ou adoptée suivant son caprice, est directement opposée à la doctrine des apôtres ^ »
TertuUien avait tenu sa promesse. Il s'était engagé à prouver que les hérétiques ne sont pas recevables à disputer sur les Écritures, à produire leurs moyens d'attaque ou de défense quant à l'objet même du dogme, en d'autres termes, à plaider la cause au fond. Cette exception péremptoire, il l'avait basée sur une possession légitime et non interrompue. Les apôtres ont communiqué la doctrine du Christ à l'Église fondée par eux, et non pas aux sectes qu'ils frappaient d'anathème, ou qui n'existaient pas encore. Ce simple fait d'une transmission authentique, d'une possession constante, suffit pour écarter a priori toutes les prétentions des hérésies à l'héritage du Christ. Impuissants à se rattacher aux apôtres