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il y avait i)ieii, suivant la prédiction du Christ et des apôtres, quelques individus qui protestaient, ici et là, contre le sentiment général, mais rien qui formât un corps d'Église comparable à la grande société des fidèles. Quant à la branche des Grecs scliismatiques, elle s'était violemment détachée du tronc antique auquel elle adhérait depuis huit siècles, montrant assez par celte scission qu'elle se plaçait en dehors de la vraie succession apostolique; et connne, d'ailleurs, cette fraction relativement petite se bornait à une race, elle ne pouvait prétendre en aucune façon au caractère d'universalité essentiel à l'Église de Jésus-Christ. Donc, à moins de retomber dans l'une des trois hypothèses que nous discutions tout à l'heure, il fallait bien reconnaître que l'Église catholique, héritière légitime des apôtres, se trouvait en possession de la vraie doctrine chrétienne. Conséquemment, toute rupture avec elle devenait un démenti donné au Christ, un péché contre l'Esprit-Saint, une insurrection contre Dieu.
Ainsi, Messieurs, comme je le disais en commençant, il suflit de changer les noms dans le traité des Prescriptions de Tertullien, pour retourner contre la prétendue Réforme du seizième siècle les arguments du prêtre de Carthage. Tant il est vrai que les mêmes erreurs appellent toujours des réfutalions identiques! Il n'y a pas jusqu'au trait final de ce chefd'œuvre du deuxième siècle, qui ne s'applique à merveille aux hérésies modernes. Nous avons vu que le controversisle africain cherchait dans les désordres provoqués par les sectes dissidentes, une dernière preuve de la fausseté de leurs doctrini's. Le renversement de la discipline, le mépris pour toute espèce d'autorité, ranarcliie la pins complète en fait de croyances, l'absence de la crainte de Dieu. et. par suite, une licence de mo'ius eftV<''iiée. voilii ce (|iril sigiKilail dans lu
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conduite des sectaires de son temps *. Même résultat moral pour le protestantisme. Ici, de peur qu'on ne puisse m'accuser de partialité, je produirai un témoin non suspect : c'est Luther lui-même. Il va nous apprendre quels fruits sa doctrine avait produits dans le monde :
« Les gens s'étiraient de voir comme tout était jadis tranquille et calme, comme la paix était partout, tandis qu'aujourd'hui tout est plein de sectes et de factions, que c'est une abomination à faire pitié... Il faut que je l'avoue, ma doctrine a produit beaucoup de scandales; oui, je ne saurais le nier, souvent ces choses-là me font peur, surtout quand la conscience me dit que j'ai déchiré le précédent état de l'Église, tranquille et paisible sous la papauté... Le monde empire tous les jours et devient plus méchant. Les hommes sont aujourd'hui plus acharnés à la vengeance, plus avares et dénués de toute miséricorde, moins modestes et plus incorrigibles, enfin plus mauvais qu'au temps de la papauté... Chose étonnante et scandaleuse, depuis que la pm^e doctrine de l'Évangile a été remise en lumière, le monde va journellement de mal en pis... Les nobles et les paysans en sont venus à vivre conformément à leurs croyances : ils sont et restent des pourceaux, croissent en pourceaux et meurent en vrais pourceaux. Nous prétendons montrer que nous sommes évangéliques, en célébrant la communion sous les deux espèces, en renversant les images, en nous gorgeant de viande, en nous abstenant de jeûner, de prier, etc. ; quant à la foi et à la charité, personne n'en veut. La malice des hommes, parmi nous, est parvenue en peu de temps à un tel point, que je ne crois pas que le monde puisse durer plus de cinq