‹ TertullienChapitre 119 sur 237 · Àdi). Manionetn · texte numérisé non relu

Àdi). Manionetn

•118 coMr.i: MAncioM r.i \ai.i;>ii>.

Il s'ajiissail. roiuiiie nous l'avons dit, de délondrc Tidée d^i Dieu contre le dualisme de Marcioii. A force de vouloir opposer le Nouveau Testament à l'Ancien, le prêtre de Sinope en était venu, par voie de conséquence, à imaginer deux, dieux ; le Dieu des Juifs ou le Créateur, et le Dieu des chrétiens ou le \\r l( inptfur. Singulière théorie qui prouve combien peu l'es- [)rit du sectaire était tourné vers la métaphysique. TertuUieu (■nferme son adversaire dans ce dilemuie : ou vos deux divinités sont inégales ou elles sont égales ; dans le premier cas, la plusparfaite méritera seule le nom de Dieu; dans le second, connnent les distinguer, puisqu'elles ne diftêrent en rien l'une de l'autre*? Cette démonstration de l'unité de Dieu l'amène à donner une niagnilique délinilion de l'Etre souverain :

« La vérité chrétienne s'est prononcée en termes formels : A moins d'être un, Dieu n'existe pas; car nous croyons plus digne de ne pas être que d'exister autrement qu'on ne le devrait. Or, pour comprendre que Dieu doit être un, cherchez ce qu'il est, et vous en trouverez la raison. Autant que la faiblesse humaine peut définir Dieu, j'exprimerai de la sorte ce (jue reconnaît d'ailleurs la conscience de tous : Dieu est l'Etre souverainement grand, existant de toute éternité; il n'est point né, et n'a pas été fait, il est sans lin et sans commencement. Car telle est la nature de l'éternité qu'elle constitue le Dieu souverainement grand. Ce que je dis de l'éternité ne convient pas moins aux grands attributs, l'idée de Dieu emportant avec elle la souveraine grandeur dans l'essence, dans la raison, dans la force, dans la puissance. C'est de quoi tous conviennent, car nul ne peut' refuser à Dieu la

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