‹ TertullienChapitre 120 sur 237 · Adv. Marcioui-m. i, o · texte numérisé non relu

Adv. Marcioui-m. i, o

grandeur suprême, sans l'abaisser par là au-dessous d'un rival, de sorte que retrancher quelque chose à Dieu, c'est le nier. Ceci une fois reconnu, quelle sera la condition de l'Être souverainement grand? C'est que rien ne puisse lui être égalé, et, par conséquent, qu'il n'y ait pas à côté de lui une deuxième grandeur souveraine : sinon vous lui donnez un égal, et dès lors il n'est plus l'Être souverainement grand... Comment deux êtres souverainement grands pourraient- ils coexister, puisque la souveraine grandeur consiste à n'avoir pas d'égal, ce qui revient à dire qu'elle est unique \ »

Ainsi, d'après le raisonnement de l'auteur, la souveraine grandeur exclut l'idée d'une grandeur égale ; en d'autres termes , il est contradictoire d'admettre deux, êtres absolument parfaits ou deux, infinis. Pour nous. Messieurs, ces notions sont devenues tellement claires, que nous avons peine à comprendre l'insistance avec laquelle TertuUien les développe et les retourne sous toutes les formes. Mais il faut se rappeler que le polythéisme comptait encore une multitude d'adhérents dans le monde romain et qu'on ne pouvait assez prémunir les esprits contre la tentation de diviser FÊtre divin par des représentations grossières et charnelles. Le théologien de Carthage fait une observation très juste : il n'y a pas plus de motif, dit-il, pour s'arrêter à deux dieux que pour en admettre une infinité ; une fois sorti de l'unité, vous entrez

i. Aclc. Marclonem. i, .'5. — I. 7, S. « l/<''tfiiiiti'^ n'a pas Ac touip.*, car f llfi pst olle-iuèiiie le priucipe du temps. Dieu ue peut être soumis à l'acliou (le ce qu'il a créé. Point d'âge on Dieu, parla raison qu'il n'a pu naître. Vieux? il ne sera pas. Nouveau? il n'a pas été. La nouveauté .^.appose un commenceui eut; l'ancienneté annonce une fin. Or Dien est aussi étranger à tout commencement et à toute fin, qu'il est à l'abri du temps, cet arbitre des clioses humaines qui mesure notre commencemen'' et iiolrf tin. »

Page 1