‹ TertullienChapitre 122 sur 237 · Leçon IX · texte numérisé non relu

Leçon IX

L'IDÉE BE DIEU, 2oî5

versel des peuples sur une vth'itc que l'ignoranco et les préjuges sont capables de défigurer, mais non pas de détruire. Tant est naturelle à riiomme cette idée de l'Être infini, qui fait le fond de notre intelligence, et qui se réveille à la vue du nionde et par la réflexion sur soi-même! Il y a donc une phi' losophie distincte de la théologie, parce qu'il existe une coU' naissance naturelle de Dieu à laquelle la raison peut arriver par ses propres forces. Voilà ce que la tradition chrétienne, d'accord avec Tertullien, n'a cessé de redire ; et, il y a peu do mois seulement, le chef suprême de l'Église rappelait, avec l'autorité inhérente à la chaire apostolique, « que ceux-là mêmes qui n'ont pas encore reçu la foi, peuvent connaître l'existence de Dieu et beaucoup d'autres vérités par la lumière naturelle de la raison ^ » C'est ainsi que l'Église catholique, toujours éloignée de toute exagération, sait défendre les droits de la raison humaine en même temps qu'elle lui enseigne ses devoirs.

Etablir l'unité de Dieu contre un dualisme insensé, concilier les attributs divins, indiquer la source naturelle d'où dérive cette connaissance fondamentale, telle est la première série de questions débattues entre Tertullien etMarcion. Mais l'idée de Dieu, détruite par les antithèses du sectaire de Sinope, n'était pas moins menacée par le panthéisme de Yaientin et de ses disciples.. Ceux-ci, au lieu de scinder l'essence divine, la soumettaient à un développement progressif, dont Thumanité et le monde seraient le terme. Attentif à toutes les erreurs

1. « Ex diviuis enim Litteris, et sanctorum Patrum tradilioue constat , Dei quidem e.xisteiiiiam,multasque alias veritates, ab ils etiaui,qui fidem uouduui susceperunt, natuvali rationis lumiiie coguosci. » (Bref du papu Pie IX à l'archevêque de Munich, au sujet des erreurs du docteur Froschhammer, 11 décembre 1862.)

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