AJc. Valmtin
2. (;naip-irf'zS. Irriirr, lih. I. ci p. i, n ■ l.i*. — Cap. ii,!!"' 1,2,3, 'i, "i, 0. — Cap. iv,u<>' l,2,4,o. — Gap. v. u"' 1, 2. l, .i. (j. — Cap. vi, n» 1. — Cap. vu. n"* 2, 3, j. — Cap. vu, n» 1. — Cap. xii, u" 1 . — Cap. xi, n" "J. — Cap. xir. u" 2. — Cap. XI. iv^ 2, 3. — Cap. xir, n» i. — Tprtnllipii, vu. vm ; ix, xii." xiv-xvii: xviii-xxv : xwi-xxix: xxxi. xxvii : xwiii : xxxv. xxxvi: xxxvii. xxxviii : xwix.
l'ibKÈ DÉ DlLl. ^^J
l'Église à l'aulR', cai' le livre de saint IréiicH! avait paru peu d'années auparavant. Mais ce qui nCst pas moins certain, c'est que Tertullien a su rester original tout en imitant son prédécesseur : il y a dans cette pièce satirii(ue une profusion d'esprit et une vivacité de traits qu'on chercherait vainement dans la composition plus calme et plus sobre deTévèque gaulois. La différence des deux caractères se peint à merveille dans des œuvres si analogues quant au tond, si diverses pour la forme.
Car, Messieurs, c'est la forme qui doit nous attirer davantage dans le traité contre les Viilentiniens. Mon intention ne saurait être de vouloir rentrer dans l'examen d'une doctrine ({ue nous avons discutée à propos de l'analyse qu'en donne saint Irénée^ Mais vous comprenez sans peine quelle ample matière fournissaient à l'humeur caustique de Tertullien ces généalogies d'Éons, ces mariages dans le ciel, ces accouplements bizarres d'abstractions métaphysiques revêtues de chair et d'os, ces aventures romanesques de Sopliia Achamoth, ces tétrades, ces ogdoades, ces décades qui remplissent le Plérôme, et tous ces produits fantastiques d'une imagination en délire. Aussi le spirituel écrivain donne-t-il libre carrière à sa verve railleuse. Gomme d'habitude, il commence par tracer le portrait de ses adversaires^. La secte de Yalentin affectait le mystère : on y parlait à mots couverts et par métaphores, pour ne pas livrer au vulgaire des arcanes dont la profondeur était inaccessible au commun des esprits. Altiim est, « tout cela est fort élevé » , répondaient les intimes d'un ton sibyllin, lorsqu'on les interrogeait sur leurs doctrines. Ils composaient leur visage et retenaient leur langue, comme des gens qui en
I. Sailli Ireiu'v cl l'éloquence chrélicnae dans les Gaules, le -on xll^ :i. Adv. Valenliit., i.
258 CONTRE M.V!lCIO> ET VALENTIN.
auraient long à dire, mais qui ne croient pas leurs auditeurs suffisamment préparés à recevoir un si haut enseignement. Tertullien se moque d'eux, et avec raison. D'abdrd il les appelle à la simplicité chrétienne, qui n'admet pas cesgrands airs ni ces dédains, que rien ne justifie ; il leur montre que le bon sens est mille t'ois prétérable à ces rêveries de l'orgueil, qui se perd dans ses visées.
« S'il fallait choisir, s'écrie-t-il, j'aimerais mieux savoir moins que de savoir mal, me tromper que de tromper les autres... C'est la colombe qui sert d'ordinaire à figurer le Christ; le serpent n'arriv(! que pour le tenter. L'une a été dès l'origine le héraut de la paix céleste; l'autre est depuis le commencement le spoliateur de l'image divine. Que le serpent donc se cache autant qu'il peut, qu'il tourmente sa prudence dans les détours de ses retraites ténébreuses, qu'il habite les profondeurs, qu'il se plonge dans les sombres refuges, qu'il déroule la chaîne de ses anneaux en mille sinuosités, qu'il suive sa marche toi^tueuse^ sans jamais se montrer tout entier, bête ennemie du joUr et de la Clarté. Notre colombe, à nous, haljite dans le sanctuaire de la simplicité^ toujours sur les hauteurs, à découvert et au grand jour. L'Esprit-Saint aime à désigner le Christ sous là tlgure de l'Orient. La vérité ne rougit de rien, si ce n'est de rester câbhée *. »
Ainsi lé soin que mettaient les sectaires à cacher leurs doctrines formait déjà contre elles un préjugé défavorable. Car le propre de la vérité, c'est de se montrer à découvert et de ne pas craindre l'épreuve de la publicité. Ce principe, énoncé avec tant de force par Tertullien, est applicable à tout