‹ TertullienChapitre 13 sur 237 · De PœniL · texte numérisé non relu

De PœniL

LA RÈHABILITATIOIS CHRÉTIEINNE. 17

jeûne; elle gémit, elle pleure, elle crie et le jour et la nuit vers le Seigneur notre Dieu; elle se roule aux pieds des prêtres, elle s'agenouille devant ceux qui sont chers à Dieu, elle sollicite les prières de tous ses frères, afin qu'ils deviennent pour elle autant d'intercesseurs.Voilà ce que fait l'exomologèse pour donner du prix à sa pénitence, pour honorer le Seigneur par la crainte du péril, pour se substituer à l'indignation divine en prononçant elle-même contre le pécheur, enfin pour éviter, que dis-je ? pour acquitter la dette des supplices éternels par les aftïictions qu'elle s'impose dans le temps. Ainsi, en abattant l'homme, elle le relève; en le souillant de poussière, elle le purifie ; en l'accusant, elle le justifie; en le condamnant, elle l'absout. Crois-le bien, moins tu te pardonneras à toi-même, plus Dieu te pardonnera'. »

Lorsqu'on lit cette page, écrite vers la fin du deuxième siècle, on se demande comment Luther et Calvin ont osé prétendre un seul instant que leurs opinions s'accordent ave •- la pratique de l'Église primitive, et par suite de quel aveuglement des hommes de bon sens ont pu s'y laisser tromper. Mais le régime pénitentiaire que décrit Tertullien forme tout juste le contre-pied du Systems protestant, d'après lequel la foi seule justifie le pécheur, sans aucun acte extérieur qui exprime les dispositions de son àme. Figurez-vous de telles paroles tombant au milieu d'une assemblée de luthériens ou de calvinistes, un discours où il n'est question que de s'agenouiller aux pieds des prêtres pour obtenir la rémission des péchés, de prier et de jeûner pour satisfaire à la justice divine, d'effacer la dette des supplices éternels par des afflic-

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