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(if t'orce. afin ;le nous enseigner que lu yraudeui" se inanitesto dans la petitesse, comme la force dans l'infirmité, suivant le langage de l'apôtre, imite, si tu le peux, les constructions de l'abeille, les greniers de la fourmi, les filets de l'araignée, la trame du ver à soie ; lutte, si tu l'oses, avec ces humbles animaux qui se jouent dans tes vêtements ou sur ta couche ; tâche d'égaler le venin de la cantharide, l'aiguillon de la guêpe, la trompette et la lance du moucheron. Que sera-ce des plus grandes, lorsque de si petites créatures peuvent te servir ou t(^ nuire, afin tle t'apprendre à respecter le Créateur ius(|ue dans ses moindres ouvrages* '? »
Sans doute, Messieurs, l'éloquence et la poésie ont souvent repris depuis lors ce thème inépuisable : mais je n'en admire pas moins l'enthousiasme religieux avec lequel le prêtre de Carthage célèbre les œuvres du Créateur, Bien éloigné de ces fanatiques qui devançaient les manichéens par la réprobation dont ils frappaient la nature extérieure, il voit dans l^univers la manifestation sensible de Dieu, de sa puissance, de sa sagesse et de sa bonté. Sans aller aussi loin que Marcion dans ridée imparfaite qu'il s'était formée de l'Auteur du monde, Hermogène partait d'un autre principe pour limiter l'activité de l'Être souverain. S'inspirant des doctrines de la philosophie grecque, il réduisait le rôle de Dieu à celui d'organisateur d'une matière préexistante qui lui aurait fourni les éléments de son œuvre. En deux mots, il niait le dogme de la création pour affirmer l'éternité de la matière. C'est sur ce terrain que Tertullien va le suivre ; mais d'abord, selon son habitude, il commence par tracer le portrait de son adversaii;e; et nous savons déjà que, s'il excelle dans les morceaux