‹ TertullienChapitre 134 sur 237 · t', Marcionon, i. l'i · texte numérisé non relu

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de ce genre, il n'oublie jamais de faire à la raillerie une trop large part. Hermogène était peintre, ce qui ne devait guère le recommander auprès d'un homme peu favorable aux pro-» fessions de cette espèce ; de plus, il s'était marié deux fois, crime irrémissible pour le fougueux adversaire des secondes noces. Dès lors, il faut nous attendre à rencontrer un tableau peu flatteur.

« Le génie inquiet d'Hermogène le destinait naturellement à riiérésie, Il se croit éloquent, parce qu'il parle beaucoup; son impudence, il la prend pour de la lermeté ; et dire du mal de tout le monde, voilà ce qu'il appelle l'office d'une conscience vertueuse. Ajoutez à cela qu'il peint illicitement et qu'il se marie assidûment : d'un côté, invoquant la loi de Dieu dans l'intérêt de sa passion ; de l'autre, la méprisant au profit de son art ; deux fois faussaire, par le pinceau et par le style ; adultère depuis les pieds jusqu'à la tête, et dans sa doctrine et dans sa chair, puisqu'il participe à la contagion de ceux qui réitèrent le mariage, et qu'il n'a pas plus persévéré dans la règle de foi que cet autre Hermogène dont parle l'apôtre. Mais qu'importe la personne ? je n'ai affaire qu'à la doctrine*. »

C'était, en effet, la seule chose qui fût en question : mais l'esprit satirique de Tertullien n'a pas su s'y renfermer. En dépit de ses bonnes résolutions, il lui échappe à chaque instant des traits d'ironie dirigés contre la personne ou la profession d'Hermogène. Tantôt il dira « que ce détestable peintre amasse, par ses sophismes, des ombres sans lumière » ; tantôt (( que l'artiste philosophe n'a rencontré la matière éternelle que parmi ses couleurs » ; ici, il l'engage, pour

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