‹ TertullienChapitre 140 sur 237 · I. Adv. Hermogenew, nim-xnvih · texte numérisé non relu

I. Adv. Hermogenew, nim-xnvih

28« CONTRE IfEUMOGÈNF.

jusque-là elle est invisible et f,TOssière... Quanta une matière éternelle, je la cherche vainement dans le récit de Moïse : Hermogène a pu la renrontrer parmi ses couleurs; il ne la trouvera certainement pas dans les Écritures de Dieu\ »

Un des plus grands services que le christianisme ait pu rendre à la raison humaine, c'est de lui avoir enseig:né le dogme de la création. L'ignorance de cette vérité fondameulaie a été le grand vice dos religions et des philosophies do l'antiquité païenne. C'est faute d'avoir su conserver la notion d'un Dieu créateur, qu'elles se sont perdues dans des extravagances sans fin. Toutes leurs erreurs s'expliquent par ce prodigieux égarement. Car, en dehors du dogme de la création, il ne reste que l'athéisme, le panthéisme ou le dualisme : l'athéisme, qui nie Dieu pour affu'mer le monde; le panthéisme, qui identifie la substance du monde avec celle de Dieu; le dualisme, qui sépare Dieu du monde pour admettre deux principes coéternels et indépendants. Avec ces trois théories également absurdes, il n'y a plus ni principe de causalité, ni principe de contradiction : la raison s'écroule sur elle-même, ou s'agite dans le vide. Proclamez, au contraire, le dogme de la création, vous replacez la raison humaine sur ses bases naturelles ; l'idée de l'infini et celle du fini conservent à la fois leur réalité et leur distinction. Sans doute, affirmer la création, c'est affirmer un mystère : la théologie chrétienne ne cherche nullement à le dissimuler ; et toute philosophie digne de ce nom en est réduite au même aveu. Rien de tout ce qui nous entoure ne saurait nous donner l'idée de la création. La nature nous offre partout des phénomènes qu'on peut observer, des substances qui se modifient

1, Adv. Hermogenem, xxix. xxxiii.

LE DOfi.ME HE LA CUKATION. 287

OU se transforment, jamais la production d'une substance ex nihilo. Mais, de quel droit prétendre que la cause infinie est impuissante à produire un effet qui dépasse le pouvoir des causes finies? Il faut se résigner âne rien comprendre, ou accepter l'incompréhensible là où on le doit. Vouloir briser des limites qu'on ne peut franchir, c'est faire preuve de témérité, et non de force. Le dogme de la création, enseigné par la révélation divine, est démontré par la démonstration même de l'existence de Dieu. Qu'importe, après cela, que la coexistence de l'infini avec le fini reste un mystère impénétrable pour l'intelligence humaine : la nier, c'est nier le Dieu vivant et personnel. Or la véritable science ne consiste pas à nier ce qui est certain, sous prétexte qu'elle ne saurait le comprendre; son devoir est de l'admettre comme un point de départ pour ses recherches ultérieures. Telle est la méthode invariable qu'ont suivie de tout temps les théologiens et les philosophes catholiques : elle est une sauvegarde de la vérité et une condition du progrès.

THEXTE-DEUXIKME EEOOX

Lp traiti'; contre Praxras sur le mystère île la Triiilli'. — Origine de cet l'crit. — Néces?iti''S])our l'éloquence clirétienue irappuyer avec forcf, «l'une part, sur l'uniti'' de la substance divine, dp l'antre, sur la distinction réelle des trois personnes en Dieu. — La monarchif et l'économie, dans le langage théologique du temps. — Exposition nette et précise du dogme de la Trinité. — Tertullien créateur de la terminologie latine pour l'exposition scientifique de ce mystère. — Les vestiges de la Trinité dans l'Ancien Testament. — Interprétation rigoureuse et littérale des textes du .Nouveau. — La génération du Verbe. — Comparaison tirée de l'âme Ininiaine. — Similitudes empruntées à la nature. — Dans quel sens Tertullien attribue à Dieu la corporéité. — Sa doctrine sur l'Esprit-Saint. — Irrégularité.-; ou exprcssinns tléfpctueiises dans sou langngp Ihéologiqup.

Messieurs,

En défendant contre HermojïèneetMarcion l'idéed"un Dieu unique, créateur du monde, Tertullien avait développé le point fondamental de la théodicée chrétienne. Mais la révélation évanp'lique ne s'était pas bornée à détruire les erreurs du polythéisme sur la naturedivine etsur l'origine du monde. Par le mystère de la Trinité, elle initiait l'intelligenbe humaine aux secrets de la vie intime de Dieu. Il n'en était pas de ce dogme particulier au christianisme comme de l'existence de Dieu et du fait de la création : là-dessus la raison nattirelle était muette, et l'Ancien Testament sans indications claires ni précises. Insinué en certains endroits de la Bible, supposé

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