‹ TertullienChapitre 143 sur 237 · LE MYSTÈRE DE LA TRIINITÉ · texte numérisé non relu

LE MYSTÈRE DE LA TRIINITÉ

il l'allait plier une langue jusque-là étrangère à de pareilles idées :

« Les hérétiques se vantent de posséder la vérité pure, parce qu'ils s'imaginent que la seule manière légitime de croire à l'unité de Dieu, c'est de confondre dans une seule et même personne le Père, le Fils et l'Esprit-Saint ; comme si nu seul n'était pas tout, quand tout dérive d'un seul, à savoir, par l'unité de substance, et sans que l'on supprime le sacrement de l'économie qui dispose de l'Unité en Trinité, et permet de distinguer les trois, le Père, le Fils et l'Esprit- Saint. Ils sont trois, non pas en nature, mais en ordre ; non pas en substance, mais en forme; non pas en puissance, mais en propriété : tous trois ont une seule substance, une seule nature, une seule puissance, parce qu'il n'y a qu'un seul Dieu à qui l'on doit rapporter ces degrés, ces formes et ces propriétés, sous le nom de Père, de Fils et de Saint-Esprit. Comment le nombre peut-il s'y trouver sans division, c'est ce que montrera la suite du discours*. »

Si l'on tient compte de la difficulté qu'éprouvait le premier écrivain de l'Église latine à traduire des idées toutes neuves, pour lesquelles l'ancienne langue des Romains ne pouvait avoir d'expressions consacrées, il est impossible de ne pas admirer ce que j'appellerai un vrai tour de force. Tertullien nous apparaît ici comme le créateur de la terminologie latine, pour l'exposition scientifique du dogme de la Trinité, ou du moins comme l'un de ceux qui ont le plus contribué à la fixer. C'est chez lui qu'apparaissent pour la première fois, avec leur signification nette et précise, les mots unité, trinité, substance, personne, propriété, procession, etc.*.

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