I,E MYSTÈRE DE LA TRIISITÉ
Il appuie principalement sur les passages qui affirment, (antôtque Dieu est invisible tantôt, que les hommes ont joui (le sa présence ; et il en conclut qu'autre est celui que personne n'a jamais vu, autre celui qui s'est manifesté dans la suite des temps ^ L'Ancien Testament ne vous suffit pas, ditil à Praxéas, eh bien, écoutez le Nouveau, qui vous indique à chaque page la pluralité des personnes divines. Le Verbe était avec Dieu ; donc il est distinct de celui qui le renfermait dans son sein. Dieu a envoyé son fils unique dans le monde : c'est dire assez qu'il ne faut pas confondre le Père, qui envoiCj avec le Fils, qui est envoyé. Le Père rend témoignage au Fils ; le Fils rend grâce au Père de l'avoir exaucé. Le Père déclare qu'il glorifiera le Fils ; le Fils proclame qu'il est sorti du Père. Si des relations si diverses doivent s^entendre d'une seule et même personnalité, tout le Nouveau Testament repose sur des jeux de mots qui n'offrent aucun sens*. Ce que l'Évangile de saint Jean atteste du commencement à la fin, les autres évangélistes le confirment en appelant le Christ, Fils de Dieu, Celui qui promet à ses disciples le royaume préparé par son Père ; qui, en mourant, remet son àme entre les mains de son Père; qui, après sa résurrection, donne pour dernière instruction à ses apôtres de baptiser dans le Père, le Fils et l'Esprit-Saint^ Si tout cela ne prouve pas une distinction de personnes en Dieu, il faut renoncer à vouloir rien démontrer par l'Évangile. Cette argumentation de Tertullien est d'une force et d'une netteté qui ne laissent rien à désirei'. Est-ce à dire pour cela, s'écrie l'éloquent prêtre de Carthage, qu'il y ait deux dieux, deux seigneurs? Jamais telle parole