‹ TertullienChapitre 16 sur 237 · TRAIT!' DE LA PÉNITENCE · texte numérisé non relu

TRAIT!' DE LA PÉNITENCE

aux passions humaines, c'est par les rigueurs primitives de son régime pénitentiaire que l'Église est parvenue à établir l'ordre moral sur des assises désormais indestructibles, D'ailleurs l'esprit de comniunauté, plus puissant chez les premiers chrétiens qu'aujourd'hui, adoucissait une discipline dont la sévérité nous effraye. Le même esprit qui les portait à mettre leurs biens en commun pour subvenir aux besoins de leurs frères, diminuait ce qu'une accusation publique peut avoir de pénible. « Qu'as-tu à redouter, s'écriait Tertullien ? Tu es au milieu d'une assemblée de frères : loin d'insulter à ta faiblesse, ils partageront ta douleur ; leurs prières t'aideront à obtenir le pardon* «.Cettetouchan te apostrophe répondait trop bien aux sentiments qui animaient les communautés chrétiennes pour ne pas y trouver d'écho ; toujours expliquet-elle qu'une pratique si humiliante ait pu subsister pendant plusieurs siècles sans soulever d'autre répugnance que celle de l'amour-propre blessé. Enfin, comme Pascal l'a observé avec cette profondeur de coup d'œil qui lui est propre, la discipline des premiers siècles s'appuyait sur un grand principe d'ordre social. « Que le cœur de l'homme est injuste et déraisonnable, disait-il en parlant de la confession secrète, pour trouver mauvais qu'on l'oblige de faire à l'égard d'un homme, ce qu'il serait juste, en quelque sorte, qu'il fit à l'égard de tous les hommes ! Car est-il juste que nous les trompions^ ?» Est-il juste qu'à la faveur d'un mensonge perpétuel, ou au moins d'une dissimulation indéfiniment prolongée, tel homme continue à passer aux yeux des autres pour ce qu'il n'est pas réellement ? La société spirituelle n'a-

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