De Anima, x. xiv, xmi
■2. Ibid.. v-ix.
LA SCIEKGE DE L'UOMMi:. 321
tradictioii manifeste avec la doctrine de Tauteur sur la simplicité de l'àme, ou par une signification particulière du mot corps'. La première hypothèse n'est guère admissible. Gomment supposer que TertuUien ait pu, dans l'espace de cjuelques lignes, se contredire à un tel point, sans même avoir l'air de s'en apercevoir? Il aurait au moins cherché à se mettre d'accord avec lui-même, à l'aide de quelque sophisme; et nous l'avons vu trop souvent recourir à des expédients de ce genre pour croire qu'il eût été embarrassé d'en trouver dans l'espèce. En soupçonnant quelque singularité dans l'emploi du mot corps, l'évèque d'Hippone me semble avoir indiqué la véritable solution. « TertuUien, ditil, a pu se servir de cette expression pour faire entendre que l'àme est une réalité, et non pas quelque chose de vide ou d'inconsistant, ni une simple qualité. » On reconnaît ici la largeur d'esprit et la pénétration de saint Augustin. Lorsqu'il fait usage du mot corps pour exprimer la réalité de Tàme, TertuUien ne le prend nullement comme synonyme de chair ou de matière : jamais il n'emploie l'un ou l'autre de ces deux termes quand il s'agit de la substance pensante; ce qui doit exclure tout soupçon de matérialisme. Qu'est-ce donc que signifie le mot corps dans ce cas particulier ? Rappelons-nous la définition que donnait de la substance l'adversaire d'Hermogène : « La substance, disait-il, est le corps de chaque chose*. » C'est dans le même sens que parle l'auteur du traité de VAme : pour lui la corporéité de l'àme est sa réalité substantielle ^. Il oppose le mot corporel à ce
1. s. Augustin, lib. de Gen. ad litter., lib. X, cap. xxvi; de Hœresibus, cap. Lxxxvi,